Critiques de livres

Chronique | Cemetery Boys par Aiden Thomas

“But belonging meant denying who he was. Living as something he wasn’t had nearly torn him part from the inside out. But he also loved his family, and his community. It was bad enough being an outsider; what would happen if they just couldn’t–or wouldn’t–accept him for who he was?”

Aiden Thomas • Swoon Reads • Fantastique/Romance • 352 pages

Synopsis

Yadriel has summoned a ghost, and now he can’t get rid of him.

When his traditional Latinx family has problems accepting his true gender, Yadriel becomes determined to prove himself a real brujo. With the help of his cousin and best friend Maritza, he performs the ritual himself, and then sets out to find the ghost of his murdered cousin and set it free.

However, the ghost he summons is actually Julian Diaz, the school’s resident bad boy, and Julian is not about to go quietly into death. He’s determined to find out what happened and tie off some loose ends before he leaves. Left with no choice, Yadriel agrees to help Julian, so that they can both get what they want. But the longer Yadriel spends with Julian, the less he wants to let him leave.

Mon avis

Quand j’ai vu passer ce roman, j’ai tout de suite su que j’allais le lire. On dirait que l’année 2020 a été incroyable en terme de nouvelles sorties avec des personnages très divers. Dans Cemetery Boys, on retrouve Yadriel un jeune homme latino, homosexuel et transsexuel. Ce n’est pas le premier livre que je lis à propos d’un jeune homme trans, mais encore une fois, il est écrit par un auteur qui connaît bien ce contexte puisqu’il est lui-même latino, homosexuel et trans. Ce que j’ai aimé du personnage de Yadriel c’est sa crédibilité. En lisant ce livre, on ressent bien que l’auteur a voulu y incorporer les défis auxquels il a du faire face lui-même dans sa transition. On retrouve donc un jeune homme qui est certes aimé par sa famille, reste tout de même incompris. J’ai ressenti la peine et la rage du personnage quand sa grand-mère l’appelait par des surnoms qu’elle donnait avant sa transition ou encore quand son deadname était employé. Ça permet vraiment de comprendre le combat d’une personne en transition et tout ce que les gens font autour d’eux pour la blesser sans forcément sans rendre compte. Je sens qu’après avoir lu ces lignes, c’est quelque chose sur lequel je ferai particulièrement attention dans le futur si une situation comme cela se présente.

Je trouve d’ailleurs cela incroyable, pour un premier roman, d’arriver à nous faire vivre ces émotions aussi pleinement. Il y a des passages qui m’ont ému durant ma lecture. Les émotions sont bien décrites et crédibles. Lorsqu’on s’attend à ce qu’un personnage vive de la peur ou de la tristesse, c’est exactement les émotions qui nous étaient communiquées. Il m’est arrivé à quelques fois de lire des romans young adult ou le protagoniste faisait plus adulte qu’adolescent, mais ce n’est pas le cas ici. Yadriel, Maritza et Julian sont bel et bien des adolescents et on le ressent bien dans ces lignes. On pourrait presque dire que ce sont des adolescents normaux… mais non. Yadriel et Maritza font parti d’une famille de brujx, des « sorciers » appartenant à la culture latine, tandis que Julian est un esprit. Yadriel fait apparaître Julian par erreur lors d’un rituel et tout ensemble, ils cherchent à déterminer ce qui lui est arrivé et la raison de sa mort. On les accompagne dans cette aventure et dans leur découverte sur la raison des disparitions suspectes.

J’ai adoré cette histoire. Je ne connais pas beaucoup la culture latine, mais j’ai entendu parler du jour des morts. Le lendemain de l’Halloween et ce sur 2 jours, les esprits des membres décédés des familles de brujx reviennent du royaume des morts pour visiter leurs proches encore vivants. De grosses célébrations sont faites durant ce moment important pour cette culture. Dans la lecture de ce roman, on en découvre un peu plus sur cette belle culture et on ressent que l’auteur s’y connaît puisqu’il appartient à cette communauté. On en apprend également sur la Santa Muerte, Balham et Xibalba. Des termes que vous découvrirez dans ces lignes… ou sur google. J’ai aimé l’inclusion de l’espagnol dans le roman. Étant donné la place importante de la culture latine dans l’histoire, c’était tout naturel d’y retrouver des expressions et des termes en espagnol et je suis plutôt contente de voir que certains souvenirs de mon unique cours d’espagnol me sont revenus. Ça m’a donné le goût de m’y remettre.

J’ai particulièrement aimé comment certains termes ont été abordés dans le roman. À certains moments, il est question de racisme et comment la police fait une différence entre l’origine des gens recherchés. Un jeune provenant d’un quartier chaud ou d’une famille connue par les autorités ne sera pas recherché au même titre qu’un jeune venant d’une famille plus aisée. Les jeunes immigrants sont donc automatiquement catalogués comme étant des fugueurs et ne sont pas recherchés par les autorités. Tandis que les parents d’origines latines faisant une déclaration se font plus interroger sur leur provenance et la légalité de leur présence aux États-Unis plutôt que sur les allés et venus de leur enfant disparu. Quand j’ai lu ça, j’ai trouvé cela terrible, car je n’ai aucun doute que c’est exactement ce qui peut se produire à certains endroits en Amérique du nord. C’était donc intéressant de voir la communauté faire tout en son possible pour retrouver l’un des leurs plutôt que de se tourner vers les autorités… qui ne les aideraient pas.

J’ai aimé l’évolution des personnages également. Pas juste celui de Yadriel, mais aussi celui de sa famille dont la mentalité restait accroché aux traditions. L’acceptation est vraiment un thème important du roman, mais pas que pour cette raison. Julian et ses amis en sont un parfait exemple. Dans son groupe, trois d’entre eux sont queer, un a fait parti d’un gang de rue et l’autre a vu ses parents se faire déporter. Malgré tout, ils se soutiennent comme une vrai famille. En fait, ils se tiennent probablement plus qu’une famille puisqu’ils se sont choisis. Ils sont tous là les uns pour les autres. Et puis, il y a la relation entre Yadriel et Julian que j’ai trouvé parfaite. Ils sont parfaits ensembles. Les mauvais côtés de l’un viennent équilibrer ceux de l’autre. Tous les deux ont grandis au contact de l’un et de l’autre et leurs interactions sont plutôt drôles. Ce livre n’est certes pas un coup de cœur, mais il a été une excellente lecture que je vous recommande vivement.

Bonne lectures,
Kat

Note : 4 sur 5.

5 commentaires sur “Chronique | Cemetery Boys par Aiden Thomas

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