Critiques de livres

Chronique | Manikanetish par Naomi Fontaine

« M’avait-on déjà humiliée par que j’étais innue ? Peut-être une fois ou deux. Pas suffisamment du moins pour que la honte s’établisse. Et pourtant elle était là, liée à mon incapacité à m’identifier à eux. À ceux qui aurait dû être ce nous. Le nous me glissait dans la gorge lorsque je devais expliquer mon appartenance. »

Naomi Fontaine • Mémoire d’encrier • Contemporain • 136 pages

Synopsis

Une enseignante de français en poste sur une réserve indienne de la Côte-Nord raconte son univers, celui de ses élèves qui cherchent à se prendre en main. Autochtone, elle tentera tout pour les sauver du désespoir, même se lancer en théâtre avec eux. Dans ces voix, regards et paysages se détachent la lutte et l’espoir.

Mon avis

Dans les derniers mois, mon intérêt pour la littérature autochtone n’a fait que grandir. Manikanetish a souvent figuré parmi les recommandations de libraires ou de blogueurs et je suis vraiment contente qu’une amie me l’ait offert. Surtout sachant qu’elle lui avait donné une excellente note et que les romans qu’elle me recommande sont bien souvent des coups de cœur. Est-ce que j’ai fait mentir cette statistique avec Manikanetish ? Eh non, pas cette fois. J’ai adoré ma lecture de ce court roman ou on retrouve une jeune enseignante alors qu’elle retourne dans son coin de pays et ou elle découvre son métier d’enseignante.

Manikanetish était mon premier roman écrit par Naomi Fontaine et j’ai aimé découvrir sa plume simple mais poétique. Cela rendait la lecture agréable et elle arrivait très bien à nous communiquer les émotions vécues par Yammie et ses étudiants. Les pages se tournaient l’une après l’autre et c’est sans surprise que j’ai terminé ce court livre en moins d’une journée. Évidemment, il n’était pas bien long, mais les chapitres courts ont cet effet sur moi. Je ne peux m’empêcher de tourner les pages les unes après les autres dans le but de connaître la suite du roman. Et ce même si ce n’est pas une grande épopée fantasy ou une romance torride. Le but derrière le roman est très simple, mais il réussit haut la main.

Je ne suis pas enseignante. Ce n’est pas une vocation qui m’attirait, mais au fond de moi, je savais que je n’étais pas faite pour ça. Cela dit, je connais quelques personnes qui ont décidé de se tourner vers l’enseignement. Si ma mémoire est bonne (et je m’excuse sincèrement si je me trompe) aucune ne s’est tournée vers l’enseignement au secondaire. À part l’avoir vécu de l’intérieur quand j’étais moi-même au secondaire (et je dois dire que ça fait relativement longtemps de cela), je ne sais pas ce que s’est enseigner à des adolescents et des jeunes adultes. On est rapidement servi avec les étudiants de Yammie. Des étudiants qui la feront grandir, d’autres qui la feront enrager, mais tous on un côté attachant. Et on comprend bien assez vite que chacun d’entre eux ont du traverser bien des épreuves. Bien plus que moi et la majorité des étudiants avec qui j’ai fait mes études au secondaire.

J’ai aimé comment tous ces moments ont été présentés sous forme d’anecdotes impliquant Yammie. On la voit grandir en tant que personne et en tant qu’enseignante avec travers ces diverses anecdotes et on peut très facilement voir à quel point un enseignant attacher au bien être de ses étudiants peut leur apporter beaucoup de positif dans leur vie. J’aimerais bien dire que tous ces jeunes ont réussis leur année et reçu leur diplôme, mais ce serait mentir. Certains sont confrontés à des épreuves très difficiles et lourdes pour leur âge et c’est totalement normale que l’école ne soit pas une priorité dans un cas comme cela. Surtout sachant que certains ne proviennent pas forcément de contexte de vie facile et qu’ils doivent bien souvent se débrouiller par eux-mêmes. Je pense notamment aux mères adolescentes qui doivent conjuguer école, étude et famille du haut de leur 17 ans.

J’ai aimé cette lecture parce que j’ai aimé découvrir une partie du quotidien de cette communauté. Ce livre est une excellente façon de se renseigner sur la réalité des communautés autochtones et je ne peux que me répéter en disant que ce genre de roman devrait figurer au parcours scolaire du Québec. Ne serait-ce que pour comprendre ces personnes et ouvrir les esprits. Je suis contente que les listes de recommandation d’œuvres autochtones soient de plus en plus misent de l’avant. Ça permet de faire découvrir de la littérature intéressante et pertinente tout en encourageant des artistes locaux.

Quelle est votre meilleure lecture écrite par un auteur autochtone ?

Bonne lecture,
Kat

Note : 5 sur 5.
Pour se le procurer : Les libraires

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