Critiques de livres

Chronique | Transidentité (Tabou, #54) par Stéphanie Perron

« Ça, c’est ce que je voulais être. J’étais une femme étouffée dans le corps d’un homme. »

Stéphanie Perron • Éditions de Mortagne/Collection Tabou • Contemporain • 371 pages

Synopsis

« Quelle identité de genre vous définit ? »

Cette stupide question ! Celle qui me trotte dans la tête depuis que je l’ai lue dans un formulaire. Je dois me rendre à l’évidence, j’y pense constamment. Elle m’a fait comprendre pourquoi je me suis toujours senti différent. J’ai eu beau les enterrer sous une épaisse couche de déni et d’évitement, mes questionnements ne sont pas disparus.

À sa première journée au cégep, Mickaël revoit Chihiro, une connaissance avec qui il se lie rapidement d’amitié. Quand il l’accompagne à une soirée de l’association LGBTQ+ qu’elle fréquente, sa vie bascule. Car derrière la façade parfaite qu’il s’est créée se cache une haine de lui-même et de son corps. Chaque fois qu’il regarde son reflet dans le miroir, il ressent un mal-être plus grand. Un mal-être qui le détruit à petit feu.

Un mal-être qu’il ne peut plus garder pour lui.

Mon avis

Transidentité est mon deuxième tabou. Et celui-ci est encore une fois écrit par Stéphanie Perron qui avait écrit Corde raide. Encore une fois, j’ai vraiment apprécié ma lecture. On y retrouve un jeune très attachant qui se découvre avec l’aide d’amis de longue date et de nouvelles connaissances. Au début du roman, on découvrir Mickaël un adolescent mal dans son corps. Il est au courant de se malaise depuis au moins 2 ans mais essais de le refouler par peur de faire encore rire de lui à l’école. Alors qu’il fait la transition entre le secondaire et le cégep, il fait la rencontre d’une ancienne connaissance de classe du secondaire qui l’introduit à un tout nouveau cercle d’amis qui l’aideront à progresser à travers se mal être jusqu’à la réalisation que Mickaël est trans et que Marika tout au fond de son corps. On l’accompagne dans son parcours jusqu’à la prise d’hormone.

J’ai seulement une de mes connaissance qui a fait la transition F à M et aucune personne proche de moi. Les seules informations que j’ai donc sur ce processus sont d’internet et je ne me voyais pas vraiment aller poser des questions à quelqu’un que je connais à peine. Avec transidentité, on peut enfin découvrir le parcours du combattant qu’est la transition de genre. Parce que je ne pensais honnêtement pas que c’était si compliqué. En soit, c’est logique que ça demande quelques rencontres au préalable puisque c’est quand même une grande transition (même si elle ne se fait pas jusqu’à la chirurgie). La prise d’hormone n’est pas quelque chose d’anodin et c’est normal d’être rencontrer par plusieurs professionnels de la santé avant de pouvoir enfin débuter le processus. Par contre, j’ai pu ressentir la frustration de Marika à plusieurs moments du roman alors que de nouveaux obstacles se mettaient sur son chemin. J’ai trouvé instructif de connaître ce parcours.

Le personnage de Marika est incroyablement attachant. Je le sentais dans la lecture tout ce mal-être qui rageait tout au fond de sa personne et je me sentais mal pour elle. En plus avec sa série de coming out, je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir émotive vu tous les obstacles qui ne faisaient que s’accumuler sur son chemin. Le parcours toi tellement être éprouvant que la perte d’amis proches doit être un gros clou dans le cœur. On ne peut clairement pas lui reprocher de penser que tout ces efforts sont une erreur quand on voit a quel point ça a été « simple » pour certains de ses proches de lui tourner le dos et de ne jamais revenir. Bien que ça ait été difficile à lire, je n’ai aucune doute que c’est ce à quoi doivent faire face les personnes qui débutent une transition de genre.

J’ai adoré les personnes qui sont restées auprès d’elle et celles qui se sont ajoutées par la suite. Chihiro est vraiment une perle. Évidemment, quand elle a introduit son groupe d’amis à Mickaël, elle ne savait pas qu’est-ce qui se passait tout au fond de lui. Que tout au fond était coincée Marika. C’est vraiment la rencontre de ces nouvelles personnes qui a fait en sorte qu’elle s’est sentit à l’aise d’entamer sa transition. Tiffany était également un personnage que j’ai adoré. Elle a été là des le début et est restée malgré les hauts et les bas du processus. Leur amitié en a pris un sacré coup, mais leurs liens n’en sont ressortis que plus forts. Évidemment, ce ne sont pas tous les personnages qui ont eu une place de choix dans mon cœur. Je dois dire que JP et Elizabeth on descendu bien bas. Ça m’a brisé le cœur de voir à quel point le rejet leur est venu facilement. Malheureusement, je n’ai aucun doute sur le fait que ça doit être la réaction de bien des gens à une annonce du genre.

J’ai vraiment aimé cette lecture que j’ai trouvé à la fois instructrice et émotive. Un nouveau roman tabou qui a bien sa place dans la collection et qui, je l’espère, apaisera des cœurs.

Bonne lecture,
Kat

Note : 4 sur 5.
Pour se le procurer : Les libraires, Éditions de Mortagne

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