Critiques de livres

Chronique | Atuk, elle et nous par Michel Jean

« C’est vrai que, passé cent ans, ce qu’il y a derrière nous est plus intéressant que ce qui reste devant. Alors, c’est sans doute normal de vouloir faire marche arrière, au moins dans sa tête. »

Michel Jean • Libre Expression • Biographique • 232 pages

Synopsis

« Michel, l’indien, tu l’as en toi. »

Elle a prononcé ces mots dans un murmure, comme une confidence. Comme on dit un secret. Jeannette, fille d’Almanda et de Thomas Siméon, parlait peu de ses origines innues. Pourtant, cette femme toujours vêtue et coiffée avec soin a vécu le quotidien des chasseurs de la forêt boréale jusqu’à sa rencontre avec celui qui allait transformer son existence.

Dans Atuk, elle et nous, une grand-mère et son petit-fils remontent les sentiers de leurs parcours respectifs. Les chemins se croisent, tressant peu à peu le portrait d’un monde d’ombres et de lumière. Après le succès phénoménal de Kukum, qui raconte l’histoire
des arrière-grands-parents de Michel Jean, la réédition revisitée de Elle et nous, paru initialement en 2012, retrace la vie de sa grand-mère Jeannette.

Mon avis

J’ai lu Kukum du même auteur il y a quelques semaines et ça avait été un énorme coup de cœur. Avec Atuk, on retrouve les mêmes personnes (sachant que ces personnes ont existés, je suis malaisée de dire « personnages ») que l’on a appris à connaître avec Kukum. La seule différence, c’est que dans le premier, on suivait Almanda et sa vie en forêt, comment elle a adopté ce mode de vie et qu’elle a choisis devenir une innu. Dans Atuk, on se concentre plus sur Jeannette la deuxième fille d’Almanda qui à perdu son statut d’indien en se mariant avec un homme blanc. Au travers des chapitres de Jeannette, on retrouve le vécu de Michel qui n’a pratiquement pas connu ces racines innus.

J’ai aimé cette alternance entre les chapitres de Jeannette et ceux de Michel. On avait un mélange de l’histoire avant et une de l’histoire maintenant (ou du moins quand il a écrit ces mots). Pour Jeannette, ses chapitres étaient surtout constitués de souvenirs puisqu’elle semblait nous relater son enfance jusqu’au moment ou elle a perdu son statut d’indien jusqu’à la veille de son décès. J’ai bien aimé cette façon de nous présenter l’histoire. C’était fluide et les pages se tournaient toute seule. Avec cette alternance de chapitres et la douceur des écrits, on se rend bien vite compte que Michel aime beaucoup sa grand-mère et qu’il a un intérêt marqué pour son vécu et son histoire.

Pour les portions ou on suit Jeannette, l’histoire peut être similaire à celle de Kukum puisqu’à un moment Almanda et Jeannette on vécu ensemble dans les bois. Mais dans Atuk, on se concentre vraiment sur l’expérience de Jeannette, ses sentiments face a Pekuakami, comment elle s’est senti lorsqu’elle a du être laissé derrière pour aller à l’école et surtout lorsqu’elle est tombée amoureuse d’un blanc. Avec ce mariage, on a droit au mélange de culture et surtout sur ses impacts à l’époque. Les femmes autochtones se mariant à un homme blanc perdait automatiquement leur statut d’indien. Leur identité. Leurs descendants naissaient automatiquement avec le statut de blanc même si leur sang était constitué à 50% de sans d’autochtone. Mais dans un monde ou les peuples autochtones sont mis à part, ça a du être incroyablement difficile de ne pas se sentir à sa place nulle part. Et on le voit bien vers la fin du roman que pour que ses enfants se fassent accepter, il a fallut qu’elle agisse un peu plus comme une blanche, qu’elle dise qu’elle n’était pas une autochtone. Au final, il n’y a que dans l’intimité que la vérité pouvait être mise au grand jour. Ce sont de gros sacrifices à faire par amour et on a bien pu voir que son amour pour Xavier était fort et bien présent.

Il y est également question de racisme. Je sais ce qu’est le racisme, mais comme jeune femme blanche, je ne l’ai jamais vécu. Dans Atuk, on est dans la tête de Michel lorsqu’il fait fasse pour la première fois au racisme. On a sa vision sur la situation et surtout sa réaction. Et je ne peux qu’imaginer ce qu’on doit vivre quand quelqu’un te dit en pleine face qu’elle n’aime pas les personnes partageant tes origines et que toi tu n’y fais pas exception.

Ça fait maintenant deux livres que Michel Jean que je lis et je ne me lasse pas de sa façon d’écrire. D’ailleurs, je pense bien me tourner vers Le vent en parle encore pour ma prochaine lecture de cet auteur.

Bonne lecture,
Kat

Note : 4 sur 5.
Pour se le procurer : Les libraires

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