Critiques de livres

Chronique | Normal People par Sally Rooney

« -Les hommes peuvent être possessifs, dit-elle.
-Je sais ! approuve Peggy. C’est dingue. On se dit pourtant qu’ils sauteraient sur l’occasion, s’ils pouvaient avoir plusieurs partenaires.
-En général, je trouve que les hommes essaient plus souvent de limiter la liberté des femmes que de profiter de cette liberté pour eux-mêmes, dit Marianne. »

Sally Rooney • Éditions de l’Olivier • Contemporain • 320 pages

Synopsis

Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d’Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l’étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l’intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.
Un an plus tard, alors que Marianne s’épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s’acclimate mal à la vie universitaire.
Un jour, tout est léger, irrésistible ; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.
Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.
Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l’amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d’une génération qui n’a plus le droit de rêver, mais qui s’entête à espérer.

Mon avis

J’ai vu des avis très divers et variés sur ce roman. Certains booktubeurs que je suis l’on tout simplement DNFd, d’autres l’on encensé comme était un des meilleurs livres qu’ils avaient lus. Enfin, un peu comme A Little Life qui a fait couler beaucoup d’encre. Et dans un sens je trouve que les deux œuvres se ressemblent beaucoup. On suit tous les deux des personnages sur plusieurs années de leur vie (dans A Little Life c’est pendant pratiquement 40 ans alors que dans Normal People c’est sur 5 ans) et on voit de très prêt la vie de ces personnages. Et on se rend bien vite compte qu’on suit en fait beaucoup plus de leurs malheurs que d’éléments joyeux de leur existence.

C’est une histoire qui se laisse lire, mais je me rends compte personnellement que ce n’est peut-être pas ce qui vibe le plus avec mes goûts. Pour commencer, l’histoire est incroyablement lente. Ce n’est pas tant le fait qu’on les suit pendant 5 ans. Pour ça, on a droit à des ellipses qui font que ça avance plutôt vite de ce côté, mais c’est surtout que sur les portions qu’on voit il ne se déroule pas grand chose d’un point de vue événement. Le récit est incroyablement lent là-dessus. On suit la relation de Marianne et Connell ce jeu d’attraction et d’éloignement que constitut leur relation. D’ailleurs, ils se repoussent, mais ne tolère pas quand l’autre se met en couple avec une nouvelle personne. Ils sont littéralement sous l’emprise l’un de l’autre et en on bien conscience.

Cette histoire met vraiment l’emphase sur ses personnages. Mais pas tous les personnages. Marianne et Connell sont au centre de tout et on ne connaît que très peu les personnages secondaires. Assez pour se faire une idée, mais tout est très superficiel. Par contre, ce qu’on comprend très bien c’est que Marianne et Connell sont tous les deux au prisent avec des troubles de maladie mentale divers et qu’ils ont honnêtement bien du mal à s’en sortir. Les deux tentent de s’aider, mais souvent j’avais l’impression qu’ils étaient aussi souvent la cause de certaines rechutes. Connell s’en sort honnêtement pas trop mal, mais cet attachement qu’il a pour Marianne est responsable de beaucoup de ses aspect qui vont moins bien. Je ne crois personnellement pas que les deux étaient fait l’un pour l’autre et j’avais parfois l’impression d’assister à leur relation toxique. Sauf que quand on apprend à connaître les personnages, on se rend bien compte que c’est tout ce qu’ils ont connus dans leur vie et que donc pour eux c’est totalement normal. J’ai aimé l’aspect que leur relation et la vie des personnages n’étaient pas édulcoré. Dans beaucoup de roman de fiction, les personnages semblent irréels, voir trop poli. Ce n’est pas le cas ici. Marianne et Connell ont beaucoup de défauts et son clairement affecté par bien des choses de leur vie. Que ce soit famille ou ami ou ambition, les deux tentent de s’en sortir par les moyens qu’ils connaissent. J’ai aimé le réalisme des personnages puisqu’on a plus de chance de croiser des gens ayant des problématiques similaires que des gens édulcorés à la vie parfaite.

Par contre, il y a tout de même des aspects qui ont fait que j’ai moins apprécié ma lecture qui et on fortement joué sur la notation. J’ai eu énormément de mal avec le style d’écriture. Est-ce que c’est le style de l’auteure ou celui du traducteur, je ne sais pas. Mais je trouvais ça très difficile d’embarquer dans l’histoire. Il n’y aucun tiret qui viennent montrer que la phrase qui suit est un dialogue. Parfois il y a des dialogues mélangés au texte. Par contre certaines phrases que je pensais être une réflexion interne était en fait une phrase dite tout haut et vice versa. On s’habitue, mais je ne l’ai tout de même jamais trouvé agréable à lire. De plus, j’avais parfois l’impression qu’on disait des événements qui se déroulaient plutôt que de me les montrer. Et l’adage que j’aime bien en fiction est le suivant ; « Show, don’t tell. ». J’aime voir les événements car je trouve cela bien plus immersif que de me faire réciter une liste d’action qui ont été faites. Un autre aspect qui m’a bien déranger dans ma lecture c’est que beaucoup des problèmes des personnages étaient dus à des problèmes de communication. Je sais que ce ne sont pas tous les individus qui sont aptes à bien communiquer leurs besoins, mais je trouvais que Marianne et Connell avaient particulièrement du mal avec ce concept et que beaucoup de leurs problèmes auraient pu être éviter de cette façon. Et c’est surtout que j’en ai un peu marre de retrouver des problèmes de communication dans les livres. J’ai l’impression de ne voir que ça dernièrement et j’aimerais vraiment un peu plus de variété de ce côté.

Dans tous les cas, j’ai apprécié ma lecture même si je n’ai pas autant aimé que j’aurais cru au départ. C’est quand même une lecture que je suis contente d’avoir fait et je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps ces derniers jours en le lisant. Ce roman a un public et est apprécié, c’est simplement que certains aspects ne m’ont pas trop rejoint.

Bonne lecture,
Kat

Note : 3 sur 5.
Pour se le procurer : Indigo

2 commentaires sur “Chronique | Normal People par Sally Rooney

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