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Service presse | Seul contre elle (Collection tabou #59) par Jessica Di Salvio

« On parle souvent de la culture du viol comme si ça concernait juste les femmes. On oublie que les hommes peuvent être des victimes, eux aussi. »

Jessica Di Salvio • Éditions de Mortagne/Collection Tabou • Contemporain • 292 pages

Synopsis

« Je lui ai dit d’arrêter, mais elle a continué. Pourquoi? Pourquoi a-t-elle continué ? »

Solitaire de nature, Noam accepte l’invitation insistante de son meilleur ami à un party. Croyant avoir enfin une chance avec Judith, la fille sur laquelle il tripe, l’adolescent ne réalise pas tout de suite ce qui lui arrive…

Jusqu’à ce qu’il comprenne la gravité du geste posé et que le mot « victime » fasse son chemin dans sa tête.

Lorsque les détails de l’agression se propagent sur les réseaux sociaux, certaines personnes affirment qu’il devrait s’estimer chanceux. Qu’on ne peut pas se faire violer par une fille qu’on trouve de son goût. Noam parviendra-t-il à prouver à tous qu’ils ont tort? Qu’érection ne rime pas nécessairement avec excitation ?

Le mythe voulant qu’une agression sexuelle vécue par un garçon soit physiologiquement impossible est tenace. Pourtant, au Québec seulement, un homme sur cinq déclare avoir été victime d’abus ou de viol, que ce soit de la part d’un homme ou d’une femme. Le consentement n’a pas de genre et non signifiera toujours NON.

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier la maison d’édition pour leur confiance et l’envoi de ce service presse. Merci également à l’auteure qui y ait également pour quelque chose. Je l’aurais acheté de toute façon, mais ça me fait quelque chose de voir la confiance qu’on accorde en mes avis et envers mon blog. Ce livre m’a tellement touché. Peut-être avez-vous peur que je ne sois pas impartiale puisque c’est un service presse et que je connais l’auteure, mais croyez-moi quand je vous dis que ce roman est un énorme coup de point. Il est poignant et surtout essentiel.

Il y a quelques années, il y a eu le mouvement #metoo qui a mené à la dénonciation de beaucoup d’agresseurs sexuels. Avec ce mouvement, on redonnait le pouvoir aux victimes qui ont vécu de la honte pendant beaucoup trop longtemps. Par contre, je ne peux pas mentir en disant que je voyais beaucoup de témoignages d’hommes. C’est peut-être moins courant et moins médiatisés, reste néanmoins que ce ne sont pas que des femmes qui se font agresser sexuellement. Avec Seul contre elle, on retrouve une histoire relatant les épreuves de Noam, un adolescent de 17 ans victime d’une agression perpétrée par une femme. On s’entend qu’encore aujourd’hui des gens ne croient pas qu’il soit possible qu’un homme soit victime d’un viol et c’est là que ce roman de la collection tabou prend toute son importance. Avec cette histoire, j’ai l’impression que ça pourra donner de l’espoir à des jeunes ayant le même vécu ou en convaincre certains de porter plainte. En décrivant la dénonciation, la récolte des indices via le kit à l’hôpital et le procès, ça donne une idée de comment cela peut se dérouler pour quelqu’un qui hésiterait à le faire.

Évidemment, l’histoire de Noam est une histoire parmi tant d’autres. Ce n’est pas tout le monde qui en parle et surtout ce n’est pas tout le monde qui porte plainte. Mais je pense que c’était essentiel que l’histoire se déroule de cette façon. Après tout, la collection tabou est là pour parler de sujets un peu plus délicat, mais elle sert également à éduquer. En présentant le processus judiciaire et en présentant les différentes réactions des intervenants ça permet de préparer un jeune qui pourrait potentiellement vivre la même chose. Dans un monde idéal, les gens seraient assez informé sur la question du consentement pour ne pas faire ce genre de geste… mais on ne vit pas dans un monde parfait. Alors je suis d’avis que la meilleure action à faire c’est d’informer les gens.

J’ai adoré ma lecture car je l’ai trouvé immersive. Jessica arrive parfaitement à nous faire vivre les émotions de Noam. Cela passe par la description quand même graphique de son viol, sauf qu’après ça on ne peut que ce sentir mal pour lui. Mais ce qui a fait que j’ai vraiment aimé c’est le fait que le personnage de Noam semble si crédible. Ses réactions et ses émotions semblent être tiré directement d’une personne réelle et ça, ça ne fait que démontrer que l’auteure a su se mettre dans la peau de son personnage. Ce qui a fortement contribué au fait que l’histoire soit crédible, c’est qu’on le sent qu’il y a eu une recherche et que celle-ci a été fait de façon adéquate. Et moi j’aime ça les recherches bien faites. Je trouve aussi que c’est bien que l’agression ne soit pas forcément un acte sexuel complet. Ça vient juste démontrer qu’une agression sexuelle peut être tout type de geste sexuel tant et aussi longtemps que le consentement est absent ou a été retiré. Parce que faut bien le dire, ce n’est pas parce qu’un « oui » a été prononcé une fois en début de relation qu’il vient écraser les quatre « non » qui suivent.

Pour vrai, tout au long de ma lecture j’étais révoltée contre certains personnages. J’étais évidemment révoltée contre Judith, je ne pouvais pas croire que quelqu’un puisse dire des horreurs de même sans se sentir mal une seule fois. Malheureusement, ça aussi c’est représentatif de la réalité. J’ai aimé que l’on retrouve autant de personnages supportant Noam que de personnages se moquant de lui. Est-ce que j’ai aimé lire les moqueries destinées à Noam ? Non évidemment, je ne suis pas un monstre. Mais c’est ça aussi une agression sexuelle. Il y a toujours deux côtés à la médaille et quand ça se médiatise comme son histoire, bin l’agresseur tente de se montrer sous son meilleur jour.

J’ai trouvé l’histoire immersive. J’ai été choqué, j’ai été révolté, ça m’a rendu triste, mais je immensément contente d’avoir lu ce récit. Noam est un personnage adorable et on s’attache à lui très rapidement. J’avais hâte de lire cette nouvelle publication de Jessica Di Salvio, je l’ai découvert grâce à son premier recueil de poèmes puis grâce à son feuilleton des pousses et je dois dire que je serai au rendez-vous pour ses futures sorties littéraires.

Bonne lecture,
Kat

Note : 5 sur 5.
Pour se le procurer : Les libraires, Les éditions de Mortagne

2 commentaires sur “Service presse | Seul contre elle (Collection tabou #59) par Jessica Di Salvio

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